Elle danse, ses couleurs aussi... Elle caresse la pierre de ses promesses, elle se polit les doigts et les paumes aux galets des sept mers, aux amours océanes. Et de ses mains douces et fortes elle en pétrit la terre comme on boulange le pain des hommes. Femmes généreuses aux hanches larges, aux seins offerts, femme source, beauté première loin des contraintes policées. Ses terres cuites vous parlent de vous, célèbrent la déraison, l'utopie nécessaire, elle sculpte comme on se donne à corps perdu, à cogne-cœur. L'autre versant de ce talent, c'est la peinture et parmi ses différentes techniques huile, acrylique, techniques mixtes, la pratique du pastel gras. Gaël Orveillon n'a pas eu le privilège d'étudier dans les écoles d'art, mais elle a dû puiser son sens du merveilleux, sa poésie, son très réel talent de coloriste aux seins des fées. S'il est une référence qui vient immédiatement à regarder son travail, un nom, c'est celui de Marc Chagall. La mystique déiste en moins, on trouve dans ses représentations ce qui pourrait être des violoneux tziganes, des marchands de marrons et de pain d'épice, le maître des abeilles et des enfants hallucinés de douceur. Mais la palette de Gaël Orveillon est plus vivement colorée, plus proche de celle d'Asper Jôrn que celle de Chagall, par la violence de ses teintes pures notamment les rouges, les cassis écrasés, les jaunes, les camaïeux de bleus jusqu'au plus sombre, presque jusqu'au noir on pense plutôt à un autre grand russe Chaïm Soutine. Il y a bien une sensibilité écorchée chez Gaël, un goût des teintes et de la poésie pure et elle peut chanter après Jean Arthur Rimbaud, le seul vrai Petit Prince, "J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse." Dansons avec elle... Yann Orveillon

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